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février 2008

23/02/2008

Les fraises de Nemi

Fraise_soloA l'époque où je me rendais régulièrement en Espagne pour raisons professionnelles, je plongeais mes interlocuteurs dans la plus totale perplexité lorsque je déclinais mon identité. Après avoir énoncé mon nom, je devais souvent faire face à un " ¿O qué? ", lourd de cette brutalité dont seuls les Espagnols sont capables quand ils parlent. Même en travestissant la prononciation de mon patronyme pour le rendre familier aux oreilles autochtones (vé-lio-tte), les résultats restaient incertains. Et puis un jour, alors que je m'étais éreinté pendant plusieurs minutes au téléphone avec une standardiste plus bouchée qu'à  l'ordinaire, je fus soudain surpris d'entendre un éclatant : "Ah... Bellot... como la bellota..." Au moment où j'entendis cette phrase, je n'avais pas la moindre idée de ce que pouvait bien être une "bellota". Pourtant, je savais que je venais de découvrir la parade ultime pour rendre mon nom enfin audible aux oreilles de Castille et de Navarre ! 

Je me renseignai sur le sens de la bellota. C'est tout simplement le fruit du chêne, le gland. En francais, se voir traité de "gland" est tout sauf glorieux. L'univers sémantique est trop influencé par la connotation sexuelle du mot. Le gland, en français, c'est un peu comme un con avec la paresse en plus. Autant vous le dire tout de go : me voir assimilé à un gland ne me réjouissait pas outre mesure. Pourtant, au fil de l'eau, je ne tardai pas à découvrir que le gland avait en Espagne une image des plus respectables. Ici, pas de connotation dépréciative. Le terme provient en ligne directe de l'arabe et en Espagne, le gland, c'est avant tout ce qui donne cette saveur si fondante au Jabugo, c'est-à-dire à ce qui se fait de mieux en matière de jambon dans un pays qui a fait de ce mets un véritable objet de vénération. Les Français, dans leur vision souvent avare, pusillanime et un rien méprisante de la vie, répugnent à donner de la confiture aux cochons ; les Espagnols eux ont trouvé beaucoup mieux, ils leur donnent des bellotas, des glands. Cela part d'une philosophie utilitariste de l'existence, que mon ami Guillaume sait rendre si parfaitement avec le proverbe picard : "Fais du bien à ton cochon, tu le retrouveras dans le saucisson."

La saveur du jabugo m'a été rappelée avec une puissante montée de salive en bouche en lisant le commentaire d'Anaik et surtout le merveilleux voyage culinaire du regretté André Pitte qu'elle m'a donné à découvrir, intitulé "Le voyage des papilles". Qu'elle en soit chaleureusement remerciée ici.

Soudain, je me suis revu, installé au zinc d'une cerveceria de la place Santa Ana à Madrid, alors que je me laissais aller à la douceur de la nuit qui tombait en picorant des tranches de Jabugo et un verre de Rioja bien en main. En parcourant la longue énumération des plaisirs gustatifs que pourrait éprouver un voyageur peu pressé parcourant les pourtours de la Méditerranée, je fis une expérience proprement hypnotique. Très vite, je me vis assailli par une avalanche de petits souvenirs, tous plus délicieux les uns que les autres. En vrac, je citerai le granité au citron un soir de grande chaleur en me baladant dans les rues désormais très in fashion de Trastevere, la langouste saisie sur la grille d'un barbecue sur le port de Sesimbra avant d'être violemment fendue par le mitan par un homme portant bigode (moustache) à la Brassens et arrosée d'un simple filet de beurre fondu, un tartufo affogato al caffè dans un quartier gris entre les barres HLM de Sesto San Giovanni, le sourire malicieux du marin grec apportant dans un restaurant de Microlimano une partie de sa pêche miraculeuse et me conseillant dans le choix d'une daurade, la poutargue d'Alghero en Sardaigne, le sentiment d'extase absolue en dégustant des fideos negros chez José (Cal Pep en catalan) près de Santa Maria del Mar à Barcelone, la chaleur d'un verre de cabernet-sauvignon de la Quinta da Bacalhoa quand il fait gris et froid sur Paris, un aïoli dans une guinguette de rien du tout avec des amis à Saint-Tropez après avoir traversé le golfe en bateau un jour de grand vent, une bagna cauda alla cuccina delle Langhe sur le corso Como à Milan, un verre de fino après m'être perdu dans les rues de la judaria de Séville ou encore la saveur inimitable des fraises à Nemi, dans l'arrière-pays romain, dégustées sans hâte dans la confusion d'images entremêlées où l'eau du cratère serait projetée dans les airs et le feu contenu dans des entrailles de la terre viendrait à se répandre avec douceur comme une dernière goutte de désir s'épanchant sur le corps de la femme aimée.

La Méditerranée serait-elle alors ce décor où, à l'abri de toute truculence, le bonheur se goûterait d'abord avec la bouche et où la vie ne serait plus que la recherche nonchalante d'une succession de plaisirs de langue ?

--

NB : Pour celles et ceux d'entre vous qui voudraient effectuer un voyage réjouissant pour les papilles, je ne saurai trop vous conseiller de vous plonger dans la lecture de L'Eau à la bouche de José Manuel Fajardo. Un véritable chef d'oeuvre ! A pedir de boca.

Pour reprendre le commentaire élogieux trouvé en me baladant sur la toile, un roman qui ouvre l'appétit de la lecture et se savoure du début à la fin (una novela que abre el apetito por la lectura y se saborea de principio a fin). Quant à la recette, je vous la laisse découvrir dans sa langue originelle :

INGREDIENTES:
París. Limas muy verdes. Una bailarina de cabaret rumana. Aguacates maduros. Un hombre marcado por el sabor de las ostras. Tequila bien frío. Pan con aceite. Recuerdos de una España que ya no existe y de un México lejano. Algunas lecturas inteligentes del Quijote o de Juan Rulfo. Emigrantes venidos de medio mundo. Sueños viejos y nuevos. Sensualidad.

ELABORACIÓN:
Mezclar los ingredientes con tiento y buen pulso, disfrutando del momento. Dejarse llevar. Chuparse los dedos (es placentero y erótico). Explorar nuevas sensaciones. Escuchar un bolero, aunque el libro tiene su propia canción.

RECOMENDADO:
Para quienes, a pesar de todo, aman la vida y no renuncian a buscar la felicidad.

16/02/2008

Orphee's Cry à la Cigale !

Orphees_cryHier, soirée exceptionnelle au Trabendo. C'étaient les demi-finales de l'édition 2008 de Fallenfest. Au programme, 8 formations composant un éventail de styles très variés : il y a eu de la musique expérimentale - avec didgeridoo, voix à la Björk et nom imprononçable (Soren Stijj Pentet) - du bon rock des familles - Stéphane Melo et les Dandys, The Smalls & Cie, Shall I - du funk rock (Hard Hat Area), du rap fusion (Scalp), de la musique crépusculaire type Joy Division et ambiance ténébreuse façon Apocalypse Now (Kokoon).

J'ai adoré. Les huit groupes étaient tous excellents. Mes préférences sont allées vers Hard Hat Area qui ont mis le feu à la salle avec des airs endiablés à faire se déhancher même des vieux croutons comme moi. Vous ne me croyez pas ? Alors faites-vous une idée par vous-même en suivant le lien. J'ai été aussi fasciné par l'univers très particulier de Kokoon et la virtuosité de sa violoniste, Inès, qui m'a rappelé un certain Didier Lockwood, vu en concert plus de 20 ans en arrière.

Mais côté "fit" avec le public et claque, la palme est allée sans conteste au trio Orphee's Cry, déjà évoqué sur cette tribune dans l'un de mes précédents billets. Il faut dire que ces diables avaient amené avec eux un bahut entier du neuf-deux pour assurer l'animation dans la fosse. Et comme ils sont loin d'être manche avec un instrument dans les mains, ça a déchiré.

Résultat : c'est Mehdi (Ted), Valentin (Few) et Tom qui iront à la Cigale, lors de la finale de Fallenfest en juin.

Un grand bravo !

12/02/2008

Eau-rage, eau-des-espoirs

Cette semaine, je suis tombé coup sur coup sur 2 organisations non-gouvernementales (ONG) engagées dans le combat pour l'accès à l'eau potable.

La première est française et s'appelle Solidarités. Je l'ai découverte sur le blog de com', spécialisé dans l'actualité des agences de pub. Elle vient de lancer une campagne choc propre à susciter l'indignation immédiate. En se voyant rappelés de façon explicite des événements aussi lourds que l'explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, le naufrage du Titanic, ou l'attentat du 11 septembre, notre conscience brutalisée enregistre le message sous forme de drame : la consommation d'eau insalubre tue 8 millions de personnes chaque année.

Solidarites_eau_non_potable L'objectif est clair : il s'agit de jouer avec nos émotions pour nous pousser à l'action, à savoir nous inciter à signer une pétition adressée aux politiques pour soutenir la création d'une agence internationale de l'eau.

La deuxième ONG est américaine. Je l'ai découverte sur le blog de Guy Kawasaki. Elle s'appelle PlayPumps International. Comme Solidarités, elle joue sur les chiffres choc : aujourd'hui, 1 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et ce nombre pourrait plus que doubler d'ici 2025 pour atteindre 2,3 milliards d'individus. Mais contrairement à son homologue française, PlayPumps apporte une solution pratique au problème posé. Il s'agit de l'une des idées les plus originales et ingénieuses que j'aie vu depuis bien longtemps : proposer un système de pompage de l'eau des nappes souterraines à partir d'un manège actionné par des enfants.

Le fait de transformer une corvée fastidieuse (aller puiser de l'eau) en jeu (faire tourner manège) me semble être le un très bel acte de civilisation & de progrès. A en croire la vidéo, les principales bénéficiaires de ce dispositif sont les jeunes filles à qui la corvée d'eau est traditionnellement dévolue. Le temps libéré par la présence du manège-pompe leur permettrait d'être moins souvent en retard à l'école.

Jouer plus pour travailler moins.

Qui dit mieux ?

06/02/2008

Où s'arrêtent les frontières du réel ?

De_gaulle_maigretParmi les deux personnages ci-dessus - le commissaire Maigret et le général De Gaulle - l'un a réellement existé et l'autre non. Sauriez-vous dire lequel appartient à l'histoire et lequel à la fiction ? La réponse vous paraît évidente ? Triviale au point de disqualifier la question ? Voire.

Chez nos amis britanniques, la chaîne de télévision UKTV Gold vient de rendre publics les résultats d'une étude réalisée auprès de 3.000 adolescents visant à évaluer les connaissances historiques de la jeune génération. Et croyez-moi, "ça décoiffe grave", pour parler djeune.

Attention ! Etes-vous bien assis(e), ceinture de sécurité dûment bouclée et mâchoires ajustées ?

Alors, c'est parti. Go!

Pour plus d'1 adolescent britannique sur 5, Sir Winston Chruchill est un personnage de fiction.

Pour 58% des personnes interrogées, Sherlock Holmes a réellement existé.

Churchill_holmesEt les résultats sont tous plus affolants les uns que les autres.

Tenez, voici le palmarès des personnages historiques - pourtant tous éminents sujets de Sa Très Gracieuse Majesté - dont l'existence réelle est singulièrement mise en doute par les jeunes britanniques :

1) Richard Coeur de Lion (47%)

2) Winston Churchill (23%)

3) Florence Nightingale (23%)

Pour compléter le tableau, voici maintenant le top 5 des personnages de fiction célèbres que les ados britanniques considèrent comme ayant vraiment vécu :

1) Le roi Arthur (65%)

2) Sherlock Holmes (58%)

3) Robin des Bois (51%)

4) Eleanor Rigby (47%)

5) Mona Lisa (35%) - *Tiens une belle italienne dans le paysage national... Ca me rappelle quelque chose, mais quoi déjà ?

Imaginez que cela se produise dans notre pays. Voyez-vous la scène ? Emois en tous sens, discours brouillons et enflammés de nos politiques, déplacements en super TGV à Colombey-les-2-Eglises pour vérifier si la dépouille du Général est toujours là, commémorations en tous genres, projet de loi pour interdire aux chaînes publiques la diffusion des aventures de Maigret, récitation obligatoire de l'appel du 18 juin dans toutes les écoles de France et de Navarre, et j'en passe.

Chez nos voisins, bien connus pour leur flegme légendaire, pas l'ombre d'une inquiétude. Au contraire, à en croire Paul Moreton, responsable de la chaîne UKTV, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Enfin presque. Car bien sûr, ce dernier estime qu'il n'y a pas d'excuse à ignorer l'existence de Sir Winston Churchill. Mais à côté de cela, l'élévation de nombre de figures mythiques à la vie réelle est, toujours selon lui, le signe que les films diffusés par les chaînes de TV en général et la sienne en particulier sont d'une grande qualité. Mieux, c'est une consécration remarquable du medium TV dans son aptitude à façonner la conscience des foules.

Ooops... 1984, ça s'est vraiment passé ou c'est encore à venir ?

Allez !

Si vous êtes du genre à trouver tout cela désolant, il va bien falloir retrouver le sourire. Alors pour vous remettre de vos émotions et vous consoler ce cette triste évolution de notre société, voici la version live (eh eh) d'Eleanor Rigby.

05/02/2008

Stay Hungry. Stay Foolish.

Si un jour, arrivés au point de bascule entre l'adolescence et l'âge adulte, mes enfants venaient à me demander un conseil sur une conduite à suivre dans la vie, je me contenterais de leur dire : "Apprenez l'anglais. Je sais, c'est difficile. C'est long aussi. Cela vous prendra toute une vie et même à la fin, vous ne saurez sans doute pas encore le parler parfaitement. Mais sachez-le suffisamment bien pour comprendre le discours que Steve Jobs a adressé le 12 juin 2005 aux élèves de Stanford lors de la cérémonie de remise des diplômes. Ecouter ce discours ne vous prendra que 15 minutes, mais à la fin vous saurez ce qui compte dans la vie et vous disposerez d'un viatique pour bâtir votre propre existence".

Si vous comprenez l'anglais, je vous invite à écouter le discours de Steve Jobs (cf la vidéo ci-dessous) en prenant le soin de vous réserver une heure de solitude après coup pour méditer le sens des propos entendus. Vous ne le regretterez pas.

Si vous ne comprenez pas ou difficilement l'anglais parlé, mais que vous le lisez, alors cliquez ici. Vous accéderez au texte de l'allocution. Avant de commencer, assurez-vous que vous disposez d'une demi-heure devant vous et que vous êtes dans un endroit calme où les chances d'être dérangé(e) sont minimes. Cela étant fait, lisez le texte en prenant votre temps. No rush! No hurry!

Si, enfin, vous ne comprenez pas l'anglais - que ce soit sous sa forme parlée ou écrite - alors, je vous invite à lire les quelques lignes qui suivent. A défaut de goûter à la source, vous saurez quels sont les points qui m'ont le plus fasciné et pourquoi.

Le discours de Steve Jobs est d'abord exemplaire sur la forme ; c'est un modèle de structuration avec :

  • une introduction en forme de provocation ("je n'ai jamais obtenu de diplôme universitaire") pour briser la glace et gagner l'attention de son auditoire,
  • trois courtes histoires captivantes comme peuvent l'être les contes de notre enfance, avec pour chacune un titre (respectivement : donner du sens [connecting the dots], perdre et aimer [love and loss], la mort [death]), la présentation des protagonistes et du contexte initial (toujours Steve Jobs, mais à des moments différents de sa vie), d'un événement dramatique (respectivement : quitter l'université faute de moyens financiers, se faire virer de l'entreprise que l'on a créée - Apple -, se faire diagnostiquer un cancer du pancréas), la réaction et le dénouement (respectivement : apprendre la calligraphie pour découvrir des années plus tard que c'est grâce à cela que les ordinateurs d'aujourd'hui sont si riches en polices de caractères, monter de nouvelles entreprises - NeXt, Pixar -, être guéri miraculeusement) et la morale (respectivement : ce n'est que longtemps après les faits que le sens des choses se dévoile, il faut chercher ce que vous aimez, puis le faire sans réserve, vivre chaque jour comme s'il était votre dernier jour sur terre).   
  • enfin, cette conclusion ébouriffante avec le fameux "stay hungry, stay foolish" (littéralement : "ayez faim, soyez fou", assez proche du slogan "soyez raisonnable, demandez l'impossible" de mai 68) répété 4 fois comme une litanie.

Il y a le fond aussi, bien sûr. Pour vous donner une idée du contenu du discours, voici quelques idées ou formules fortes formulées par le fondateur d'Apple :

Stay_hungry_stay_foolish_1

Stay_hungry_stay_foolish_2 Stay_hungry_stay_foolish_3

Stay_hungry_stay_foolish_4_3 Pour les nostalgiques, voilà la fameuse 4ème de couverture à laquelle Steve Jobs fait référence.

Stayhungrystayfoolish_2

Avec son côté "mai 68", voilà le genre de phrase qui me fait vibrer. Et puis, ce sont ce genre de formules qui permettent les vraies ruptures - ce que les Américains appellent des "paradigm shifts". Pas étonnant, après une intervention comme celle-là, que l'université de Stanford ait donné naissance à la plus belle entreprise de technologie de ces dernières années : Google. Pas étonnant non plus, que ce soit là-bas, sous le soleil de Californie, que se conçoivent les innovations qui dessineront le contour de notre vie de demain.

N'en déplaise à certains, la formule "travailler plus, pour gagner plus" est certainement une excellente idée... mais pour le XIXème siècle, c'est-à-dire dans une économie de transformation de la matière de type productiviste. Elle est anachronique - et donc absurde - dans une économie de la connaissance. Dans cette économie-ci, l'étalon n'est plus la sueur ; c'est l'intelligence, le savoir, l'imagination. C'est le plaisir aussi.

You've got to find what you love.

Don't settle.

Period.

04/02/2008

L'envers et l'endroit

Love_hateComme quoi une écriture relâchée peut révéler des anacycliques insoupçonnés...

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Diapo-Roma

Sur ma table de chevet

  • Mario Vargas Llosa: Tours et détours de la vilaine fille (ISBN 2-07-078083-X)
    Elle est l'archétype de la garce ; il est l'emblème du ballot. Pourtant, à eux deux, ils tissent une admirable histoire d'amour, sans la moindre mièvrerie ("huachaferia" en limésien, traduit en "cucuterie" dans le livre). (****)
  • W. Wilkie Collins: Quand la nuit tombe (ISBN 2-7529-0220-4)
    Anecdotes et expériences curieuses de la vie d'un artiste itinérant. 6 superbes nouvelles un rien empreintes de mystère écrites dans un style très pur par un contemporain de Charles Dickens. (***)
  • Javier Cercas: A la vitesse de la lumière (ISBN 2-7427-6276-0)
    Deux destins se croisent : un ancien du Vietnâm et un jeune maître-assistant espagnol partagent le même bureau au département de langues d'une université du mid-west. Le premier paraît terne. Pourtant, il a connu l'ivresse de la guerre façon Apocalyse Now. Le deuxième découvre la réussite à la sortie de son quatrième roman, avant de déchoir brutalement. A la croisée de leurs chemins, une rencontre improbable et un petit chef d'oeuvre. (****)
  • Andrea Camilleri: Le Roi Zosimo (ISBN 2-253-10911-8)

    Andrea Camilleri: Le Roi Zosimo (ISBN 2-253-10911-8)
    Avant de lire cet ouvrage truculent, baroque et un rien déjanté, je croyais que seule Barcelone en 1936 avait vécu un intermède d'an-archie. Agrigente aussi. C'était en 1718. (*****)

  • Nicole Krauss: L'histoire de l'amour (ISBN 2-07-077308-6)
    A New York, une jeune fille et un vieillard donnent un visage à une histoire d'amour, sur fond de diaspora. Entre eux : un prénom magique, Alma, et un livre prophétiquement appelé 'histoire de l'amour'. Superbe ! (*****)
  • Ryszard Kapuscinski: Mes Voyages avec Hérodote (ISBN 2-259-20252-7)
    Le grand reporter polonais nous fait découvrir la diversité du monde au travers de ses pérégrinations dans l'espace : Chine, Inde, Ethiopie, Algérie... Chemin faisant, il nous livre son expérience à la lueur du grand conflit Europe / Asie tel que relaté par Hérodote dans son "Enquête" monumentale. Voyage dans le temps et dans l'espace à la fois, avec moult mises en parallèle, anecdotes et digressions sur la diversité et la richesse du monde. Enthousiasmant ! (*****)
  • Michel Butor: La Modification (ISBN 2-7073-0312-7)
    L'ouvrage de référence du Nouveau Roman. Paris - Rome en train. Départ de Paris avec la ferme assurance de quitter femme & enfants pour refaire votre vie avec Cécile, votre maîtresse romaine ; arrivée à Roma Termini avec la certitude désespérée que rien ne changera. La modification : ce sont les tours & détours, les cheminements tortueux de votre esprit durant ce périple ferré, l'abandon final de votre projet d'origine. (***)
  • Erik Orsenna: Voyage aux pays du coton - Petit précis de mondialisation (ISBN 2-213-62527-1)
    Parcours aux 4 coins du monde (Mauritanie, Etats-Unis, Egypte, Ouzbekistan, Chine, France) autour d'une matière première -- le coton -- pour comprendre les mécaniques en oeuvre dans un processus "mondialisé" de longue date. Entre les tenants de la modification génétique (les brésiliens), les gardiens de la tradition (les égyptiens), les productivistes (ouzbeks), les protectionistes tournés vers le client(américains), les laissés-pour-compte (mauritaniens), les capitalistes anti-démocratiques (chinois), ce ne sont que fleurets mouchetés, trahisons & perfidies subtiles dans un climat d'interdépendance souriante. Une pérégrination admirablement racontée par Erik Orsenna. (*****)
  • Anne Nivat: Islamistes - Comment ils nous voient (ISBN 2-213-62862-9)
    Précieux : l'auteur se contente de relater ce qu'elle entend au fil de ses pérégrinations en Afghanistan, au Pakistan et en Iraq, de la bouche d'islamistes, c'est-à-dire de personnes obéissant aux préceptes du Coran. En s'éloignant délibérément du jugement et en accomplissant de la plus belle des manières son métier de grand reporter, Anne Nivat rend justice à la vérité. (****)

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