Il y a quelques jours, je me suis rendu à Rome pour raisons professionnelles. Comme à l'accoutumée, j'en ai profité pour faire une petite balade nocturne dans les rues du Centro Storico. J'y ai mes repères et mes habitudes : Piazza Navona bien sûr, mais aussi le café Sant' Eustachio d'où je peux admirer le lanternon de Sant'Ivo, ou encore la découverte, après avoir parcouru un dédale de ruelles tortueuses, de la façade de Santa Maria della Pace, tache claire se détachant sur fond de lierres, de murs ocres décrépits et de flamboyantes bougainvillées.
Via della Pace. A chaque fois que je parviens à ce point de ma balade, je goûte un moment de bonheur intense. Je dois m'arrêter. Tout y est. La profusion des couleurs, d'abord. Pour peu qu'il ait plu ou que les services de la voirie aient fait leur tour de nettoyage des rues à grandes eaux, le pavé irrégulier est rutilant et la lumière vacillante des lampadaires vient exploser en mille reflets diffractés. La nonchalance des hommes, ensuite, marchant sans hâte par petits groupes, tout à leur plaisir de déguster une glace en adressant des oeillades aux femmes assises à la terrasse des cafés.
Via della Pace à Rome ; rue de la Paix à Paris. La mise en parallèle s'impose. Et rien à mon sens ne traduit mieux la différence fondamentale entre ces deux villes. Il n'est qu'à voir les plaques :
L'ordre, la sobriété et l'harmonie classique d'un côté...
...le désordre, la profusion et l'imprévu baroque de l'autre.
Copyright (C) 2005, Jan Koster, Haren, Pays-Bas.
















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